Cela fait plusieurs mois que j’ai acheté ma place et ça y est, avant d’attaquer ROck en Seine pour 3 jours demain, ce soir c’est le retour d’Eminem en France. Un rapide coup d’oeil sur le site de la fnac avant de partir et là…. l’angoisse monte. Il reste des places à vendre pour ce qui est annoncé comme l’évènement RAP de l’année ! Seulement 7 dates en Europe (dont 3 en Angleterre) et il reste des places ? Le kid de Détroit sera-t-il à la hauteur ? En 2005, Eminem met sa carrière en pause et se soigne pour « dépendance aux somnifères ». Il revient en 2010 avec Recovery mais depuis c’est le calme plat… que penser ? Il est bientôt l’heure, je vais être fixé.

Après de longues minutes, le show démarre et les trois premières parties s’enchaînent. Chance The Rapper, Slaughterhouse (produit par Eminem), Earl Sweatshirt et Tyler The Creator du collectif Odd Future et pour conclure Kendrick Lamar dont l’album s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires outre Atlantique. Quelques soucis de son ont provoqué du larsen dans l’enceinte du stade, mais l’ambiance est là. Dans quelques instants je vais réaliser que Kendrick Lamar et Marshall Matters (le vrai nom d’Eminem) ont 2 points communs : le sweat capuche et un débit de parole des plus impressionnants. Chaque artiste a assuré le show pendant 30 minutes… de quoi mettre en appétit les 70 000 spectateurs présents ce soir.

Ca y est, il est quasiment 21h45 et Eminem arrive sur scène. On le devine en ombre chinoise, avec son baggy et sa capuche derrière un énorme rideau blanc qui cache la scène. Les spectateurs sont chauffés à blanc et la foule crie. Tous les spectateurs dans les gradins se lèvent et ne vont plus s’asseoir pendant toute la durée du concert.Eminem attaque son concert par Survival, premier et unique titre de son futur album. Si vous êtes gamer, vous connaissez forcément cette chanson, elle accompagne la sortie du jeux vidéo Call of Duty: Ghosts. Ce sera le seul « nouveau » titre mais le ton est donné : le concert sera énergique et rythmé.

Une scène sans fioritures, des effets de lumières spartiates, mais pas de temps morts. Les morceux s’enchaînent : Won’t Back Down, Kill You, White America, The Way I Am,… puis Lighter, transformant le Stade de France en ciel éclairé par des milliers de téléphones et de briquets. Le concert façon medley n’est pas forcément une réussite. Les morceaux se suivent à un rythme endiablé mais ils sont tous coupés après le premier couplet. Peut importe, la magie fonctionne. J’ai l’impression de revivre tous les anciens clips : 3 AM, Square Dance, Like Toy Soldiers, Cinderella Man,… sont toutes reprises par la foule. Les succès de ses débuts sont expédiés rapidement, rassemblés dans cet effet medley, mais là aussi la magie fonctionne. Stan, My name is, The real Slim Shady et without me portent encore, même après les années passées. Les dernières notes de Not Afraid signent le départ d’Eminem dans les coulisses. Il reviendra pour une chanson, Lose Yourself, point final de cette soirée.

Il avait fait son dernier concert à Paris il y a 10 ans et certains disent ce soir qu’il manquait quelque chose, qu’Eminem avait vieilli, qu’il manquait de spontanéité, que le spectacle était fade et millimétré. Certes, je suis reparti avec un goût de « trop peu », mais on ne peut pas dire que c’était mauvais. Oui j’aurais aimé voir Dido, Rihanna ou Bruno Mars monter sur scène pour accompagner le blanc bec de Détroit mais le niveau est là et le rapper s’est donné à fond. Oui on peut toujours être hargneux en pleine quarantaine.

Eminem avait fait beaucoup de bruit en entrant dans le monde du Rap par la grande porte, aidé par un de ses pairs, Dr DRE et il nous a montré ce soir qu’il était toujours présent, même à 40 ans passés. L’improvisation n’avait effectivement que très peu de place dans ce spectacle mais les quelques malheureux playbacks entendus par tous n’ont pas entâché ce show d’anthologie de marquer les esprits. Le show français était peut-être l’exacte copie du concert fait par le rapper quelques jours auparavant à Pukkelpop en Belgique mais qu’importe.La date exacte de sortie n’est pas encore connue, mais j’attends déjà avec impatience de découvrir les nouveaux titres du Real Slim Shaddy.

(c)rédits photos : Sébastien Garnier

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A propos de l'auteur

Sébastien Garnier

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Epicurien, Sébastien croque chaque instant qui s'offre à lui. Hyperactif et boulimique de la vie qu'il ne conçoit qu'à 200%, il n'est pas photographe de métier. Toujours armé de son petit appareil photo numérique, un Panasonic DMC-TZ5, il essaye de saisir ces moments, ces instants qu'il voudrait voir rester figer dans sa mémoire... une extension de sa carte mémoire personnelle peut-être. Hip-Hop, électro, classique, pop, rock, funk, indie, folk, soul, jazzy,... Sébastien a également un sérieux penchant pour la musique. Frustré de n'avoir jamais appris à jouer d'un instrument, il s'est très vite intéressé à tous ces styles qui composent aujourd'hui son panorama musical. Et quel meilleur moyen d'apprécier un artiste que de le voir évoluer en live, en véritable Homme d'orchestre d'un véritable spectacle visuel et sonore. Au quotidien, Sébastien est Responsable Communication d'un groupe de presse et en participant au projet Concert magazine, Sébastien partage avec nous sa vision des concerts auxquels il assiste. Du Stade de France à la Boule Noire, Sébastien nous emmène avec lui pour ces instants où parfois le temps semble s'arrêter.