Il y a des albums qui marquent votre jeunesse et qui marquent une génération. Doggystyle de Snoop Dogg est de ceux là. Une bombe offerte par ce rappeur de la côte ouest américaine dont les générations actuelles ressentent encore les secousses. Rappelons d’ailleurs que Doggystyle a été le premier album rap de l’histoire à entrer en première place des charts directement. Malheureusement, à la sortie de l’album, Snoop Dogg (Calvin Broadus de son vrai nom) n’avait pu en faire la promotion et n’avait donc pu se produire en live. Cet album a touché des millions de personnes, en touche encore des millions, et n’a jamais fait l’objet d’un seul live ! Le show n’avait donc jamais été produit jusqu’à l’année dernière dans le cadre du festival américain Rock the Bells. Vous n’imaginez pas le cri que j’ai poussé en lisant cet article sur le net qui m’apprend que c’est Snoop Dogg qui va clôturer le Festival Paris Hip-Hop cette année.

On y est, C’est le 4 juillet. Commencée le 20 juin, cette 6ème édition de la quinzaine du Hip-Hop parisienne se termine (plus de 300 artistes réunis autour de 30 événements) et le concert tant attendu n’est plus qu’à quelques heures. je profite du trajet jusqu’au zénith pour écouter le dernier album, Doggumentary, sorti dans les bacs il y a quelques jours. Est-ce qu’il y en aura certaines ce soir ? je me pose la question. J’espère surtout qu’il va nous faire vibrer en oubliant aucun des titres de Doggystyle.
Je m’approche du zénith, le public semble au rendez-vous. J’évolue au milieu d’un mélange agréable de plusieurs générations et de plusieurs styles. Impossible de me perdre et de louper le chemin jusqu’au zénith. Une fois l’odeur des sandwichs merguez/oignons passée, il suffit de suivre cette odeur persistante que l’on sent habituellement devant les coffee shop d’Amsterdam. Ca y est, je suis dans l’ambiance et en entrant dans le zénith je découvre une salle pleine à craquer.

La première partie va donner le tempo de la soirée et commencer à chauffer la salle. DJ Noise, 1995 et Eklips se succèdent. Ça commence très très bien. Eklips met le feu avec sa démo de beatbox. Allez voir sa prestation lors du Jamel Comedy Club.

Here we Go. Le décor est posé : en fond de scène, la reproduction de la pochette de l’album Doggystyle avec un écran géant en premier plan. Sur scène, un vélo Low Rider californien et une simple table de jardin en bois. Lady of rage entre sur scène, balance un couplet d’anthologie suivi par Snoop Dogg qui attaque Gin and juice. J’ai l’impression de l’avoir écouté hier pour la dernière fois. C’est la numéro 3 du CD. Snoop n’est pas seul sur scène. Daz Dillinger, Kurupt, Lady of Rage, RBX et surtout Warren G sont aussi de la partie. Et ils vont ensemble enchaîner tous les titres de l’album. En fait non, car ils ne sont pas seuls. Toutes les chansons seront reprisent en cœur par un zénith parisien en folie. Tha Shiznit, Lodi Dodi, Serial Killa, Who Am I, Pum Pum,… elles y passeront toutes et nous sommes plusieurs milliers à ne pas vouloir que cela s’arrête.

« Give me that shit » demande Snoop au DJ en guise d’intro à ce qui restera à mes yeux comme un temps fort de ce live. je dois avouer, je suis en train de kiffer. Je suis devant Warren G qui interprète son hit « Regulate ». c’est énorme.

Snoop Dogg a également rendu hommage à son cousin nate Dogg, décédé il y a quelques mois. C’est avec ce dernier qu’il a commencé en enregistrant ses premières cassettes, accompagné de son pote de lycée Warren G (demi-frère de Dr. Dre – quand on vous dit que le monde est petit). Une minute de silence impossible pour ce zénith gonflé à bloc qui décide plutôt de manifester son soutien en criant de toute ses forces.

En sortant du concert, certaines personnes comparaient ce live au « Up in smoke Tour ». Je n’ai pas vécu ce dernier mais j’ai du regarder le DVD plusieurs fois. Ils ont raison. 18 ans après la date prévue, celui que l’on appelait auparavant Snoop Doggy Dogg nous a emporté pendant ce concert mythique. Du bon son old School, indemmodable et gravé dans les esprits.

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(c)rédits photos : Sébastien Garnier

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A propos de l'auteur

Sébastien Garnier

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Epicurien, Sébastien croque chaque instant qui s'offre à lui. Hyperactif et boulimique de la vie qu'il ne conçoit qu'à 200%, il n'est pas photographe de métier. Toujours armé de son petit appareil photo numérique, un Panasonic DMC-TZ5, il essaye de saisir ces moments, ces instants qu'il voudrait voir rester figer dans sa mémoire... une extension de sa carte mémoire personnelle peut-être. Hip-Hop, électro, classique, pop, rock, funk, indie, folk, soul, jazzy,... Sébastien a également un sérieux penchant pour la musique. Frustré de n'avoir jamais appris à jouer d'un instrument, il s'est très vite intéressé à tous ces styles qui composent aujourd'hui son panorama musical. Et quel meilleur moyen d'apprécier un artiste que de le voir évoluer en live, en véritable Homme d'orchestre d'un véritable spectacle visuel et sonore. Au quotidien, Sébastien est Responsable Communication d'un groupe de presse et en participant au projet Concert magazine, Sébastien partage avec nous sa vision des concerts auxquels il assiste. Du Stade de France à la Boule Noire, Sébastien nous emmène avec lui pour ces instants où parfois le temps semble s'arrêter.